La forêt apatride
SEQUOIA-ACT
  1. Origine du projet

Origine du projet

LE SEQUOIADENDRON GIGANTEUM DU MONASTÈRE DES CORDELIERS & LA FORÊT APATRIDE

Cette œuvre à deux volets a débuté il y a 160 ans lorsque furent importées en Europe, de la Sierra Nevada (Californienne), des graines de Séquoia Géant, ou Sequoiadendron Giganteum.

Arrivées sur le sol écossais elles furent rapidement disséminées à travers le vieux continent, puis mises en terre. Deux spécimens trouvèrent asile dans le cloître du Monastère des Cordeliers à Dijon. Pendant près de 160 ans ils participent à l’harmonie du lieu, devenant les deux plus grands arbres de Dijon.

CHRONOLOGIE

2012, travaux de réhabilitation. L’entreprise de rénovation s’interrompt plusieurs mois alors en pleine phase de déblaiement. Des étudiants de l’école d’art de la ville s’engouffrent dans le bâtiment apparemment à l’abandon. Le monastère s’est soustrait du paysage dijonnais pendant quelques années et cette découverte est celle d’un éden minéral et végétal ; écrin au coeur du tissu urbain.

Le groupe initial de dix jeunes artistes, travaillant presque quotidiennement depuis deux mois sur place, s’est décidé pour un format exposition. Ouverture des portes le 10 juin. De là, brusquement Dijon est prise de fièvre, et chaque jour et chaque nuit ce sont des dizaines de personnes qui y pénètrent en quête d’aventure.

Un seul membre du groupe, qui était déjà familiarisé avec le lieu depuis des années, s’installe. Milutin Miletić guide, nettoie, parfois ferme le lieu, invite, et chaque soir allume des bougies dans les principales travées.

Le maître d’ouvrage revient, menace dans un premier réflexe, avant de se rendre compte de la nécessité de sa présence. De là, il l’embauche comme gardien du lieu.
Une action de longue durée est amorcée et une programmation culturelle mi-souterraine est envisagée pour la durée des travaux jusqu’à l’ouverture de la Résidence des Cordeliers annoncée en 2014. Travail de documentation des transformations architecturales, notation des travaux, excavations, prélèvement de matériaux et indices destinés à la benne, fouilles des archives de la ville, enquête pour retrouver la trace des derniers moines Dominicains, interventions in-situ, installation d’oeuvres éphémères et récoltes de végétaux... Une multitude de strates se sont révélées tandis que nous en ajoutions... Il y eu le meilleur de la fête de la musique, le tournage d’un vidéo-clip de Juja Lula, Ordalie une lecture de poètes accompagnés par un clarinettiste de l’orchestre philharmonique de Dijon dans le Grand Réfectoire, Réfectoire qui fut également transformé en caisson de basse, une salle au parquet poncé et ciré pour une soirée tango...

La présence permanente de l’artiste a donné une emprise aux dijonnais sur cet espace et permis bien des résurgences. Malheureusement, il était déjà trop tard pour s’opposer légalement au projet de reconversion en cours, même avec l’aide de voisins particulièrement engagés.

Enfin, entre les travaux qui très vite écorchaient le lieu, et ce que l’on pourrait considérer comme des blasphèmes à répétition, le ciel grondait. A l’heure où, dans le mois du solstice d’été, la lumière venant se refléter pour former au centre du Cloître entre les arcades l’image d’un ange, à cette heure précise donc le premier août 2012, la foudre vint frapper l’un des deux séquoias géants, le pulvérisant sur le coup.

Milutin Miletić se trouvait dans le cloître, accompagné d’un ami journaliste, tous deux ont été blessés par la foudre, au rendez vous du ciel et de la terre. Quand ils virent la vue de l’attroupement des voisins, pompiers et policiers qui attendaient devant la porte ils comprirent très vite que tout le quartier était atteint par les retombées du bois.

Pour l’entrepreneur cela représentait un retard dans les travaux. Le groupe d’artistes de départ était déjà dispersé depuis longtemps. Dijon était quasiment vide de ses forces vives en pleines vacances estivales. Et l’arbre, quelques mètres de tronc déchiqueté en son sommet, la cime gisant à son pied, les branches pendant des toits, jonchant le sol. Dans le calme, les travailleurs en vacances, Milutin Miletić commença à récolter les cônes, invitant Mickaël Valet à se joindre à cette activité de gande ampleur. Des éclats singuliers de séquoia ont été séléctionnés et mis en sécurité. Les cônes ouverts donnaient beaucoup de graines.

En Automne le chantier devait s’accélérer et le terrain devait être déblayé. Au vu de la situation, c’est alors une opération de sauvetage qui s’est organisée malgré le manque de temps et de moyens pour ramener les fragments du Cloître et du Séquoia en sécurité dans un atelier.

Le 17 septembre, les travailleurs réduisirent les branches en copeaux. Ce qui a pu être conservé l’a été. Le lendemain, l’élagueur est venu mettre à terre le reste de l’arbre, le tronçonner, et effacer la souche. À défaut de convaincre de laisser l’arbre tel quel, comme ready-made saisissant, l’élagueur dans sa coupe a été dirigé par les artistes et avec pour résultat quatre mètres de tronc en gros blocs dont la base intacte sur 1m40 de hauteur. Trajet après trajet, l’intégralité du séquoia ” en kit ” a été amené dans la cour de l’atelier. Les ouvriers du chantier ont participé au transport des pièces les plus imposantes. Est resté sur place le tas de copeaux depuis réparti sur le sol du Cloître, au pied de son comparse vivant.

Mi novembre, le gardien quitte les lieux après avoir tenu position 5 mois et demi, le travail se poursuit en dehors du Monastère, et la matière première est réunie.

C’est ainsi que le projet commence dans sa deuxième partie.
Deuxième partie car, recherches faisant, nous en apprenons plus sur l’histoire de ces deux géants, et il serait difficile de ne pas considérer l’arbre foudroyé dans l’intégralité de son histoire. Histoire individuelle, comme celle de son espèce, du culte que lui vouaient les tribus amérindiennes, de la conquête de l’ouest, des échanges économiques entre Europe et nouveau monde, de l’engouement des botanistes et scientifiques, et de son introduction en ornementale en Europe.

LA FORÊT APATRIDE, Parc Naturel Transnational des Géants

Les graines récoltées sont fécondes. Suivant une estimation prudente, entre 100 000 et 150 000 graines sont conservées dans de bonnes conditions de préservation.

Avec la collaboration et le soutient actif de la Maison Laurentine et de son Directeur Pierre Bongiovanni, nous créons à l’heure actuelle le Parc Naturel Transnational des Géants (des Parcs Naturels Transfrontaliers emploient parfois cette appellation Transnational).

Un vaste appel est lancé pour que ces graines soit disséminées et plantées à travers l’Europe (le Monde). Ces graines sont autant de géants multi-milénaires potentiels.
Au fil des recherches nous nous sommes rendus compte de la préciosité d’une telle récolte. Une conjonction d’éléments favorables qu’est venu parachever le coup de foudre a permis la libération des graines qui, comme les graines de la première génération, sont à disperser, en couple ou plus de préférence. Leur mode de reproduction, les conditions à réunir pour qu’il libère ses graines, en font une espèce non invasive et ne représente aucune menace potentielle pour les espèces endémiques.

Le présent site internet est notre cheval de bataille pour la diffusion et la réalisation de l’oeuvre. Il comportera toutes les informations relatives à l’espèce végétale, le projet artistique dans ses différents volets, la géolocalisation et le suivi de la croissance de la Forêt Apatride, les informations pratiques et législatives, les Chartes à appliquer ainsi que des liens vers tous les recensements de Séquoia Géant en Europe pour rejoindre cette grande construction collective.